Le plus lourd reste à venir…

Un fantasme intemporel

En l’an 2000, l’avenue de l’Opéra à Paris, vue par Jean-Marc Côté en 1910. © Gallica/BnF.

Au début du XXe siècle, un fabricant de cigares commande au dessinateur Jean-Marc Côté une série de cartes postales figurant la vie en l’an 2000. L’on y voit ainsi des couples endimanchés survolant l’avenue de l’Opéra dans de petits engins volants sortis tout droit de l’univers de Jules Verne. L’an 2000 est derrière nous et nous sommes encore bien loin d’une mobilité urbaine par les airs, qu’elle soit individuelle ou collective. Et pourtant, les vieux rêves ont la vie dure… Certes, la recherche et développement des grandes entreprises aéronautiques a supplanté le bricolage du vieil Icare, mais la quête reste la même : voler, comme l’on marche ou roule.

Bientôt une réalité

© Airbus Helicopters 2021 – Production Autrement Dit.

Airbus planche sur le sujet depuis plusieurs années et a imaginé un multicopter[1] électrique pouvant transporter jusqu’à quatre personnes sur une distance de 80 km à une vitesse de croisière de 120 km/h. Les premiers essais en vol du prototype du Cityairbus NextGen sont prévus pour 2023. À décollage et atterrissage verticaux et ne comprenant aucune pièce mobile à l’exception des hélices, cet engin a été conçu de sorte à faciliter son intégration urbaine. L’on imagine en revanche aisément le casse-tête de la gestion de l’encombrement des couloirs aériens à basse altitude. Airbus s’est emparé de cette question en développant des solutions numériques pour le pilotage et la sécurisation des espaces aériens, en particulier dans la perspective du développement des drones. D’une plus grande maturité technologique que les engins de transport de personnes, ces derniers pourraient trouver un champ d’application d’envergure dans le transport de marchandises en milieu urbain contraint.

Les marchandises d’abord

© FLYING WHALES.

Mais l’innovation passe aussi parfois par la réactualisation de solutions héritées du passé et de vieilles connaissances pourraient bien réapparaître au-dessus de nos têtes. C’est en Gironde, à Laruscade, que sera construit, dès 2024, le plus grand dirigeable du monde, mis au point par la société Flying Whales. D’une longueur de 200 m, il sera capable de lever jusqu’à 60 tonnes de matériaux. Initialement imaginé pour le compte de l’Office national des forêts afin de récupérer des billes de bois dans des sites d’accès difficile, il est particulièrement adapté au transport de grosses pièces, comme les pales d’éoliennes, sur des distances pouvant aller jusqu’à 1 000 km. Peut-être fera-t-il, un jour, son apparition dans le ciel de nos villes, à l’occasion de quelque chantier contraint, suscitant sans aucun doute l’émerveillement des petits comme des grands !


[1] | Un multicopter est un engin volant comprenant plus de deux rotors pour une plus grande facilité de pilotage.

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