L’été approche et déjà nous craignons de revivre les fortes chaleurs de l’année passée. C’est un fait, la ville étouffe, affichant chaque année des températures records.

Aménagement paysager modulaire de gestion des eaux pluviales et d’apport de biodiversité en milieu urbain. © Élodie Stephan.

Matériaux sombres et imperméables stockant la chaleur, faible circulation de l’air, manque de végétation… C’est souvent la combinaison de multiples facteurs qui explique les hausses des températures en ville par rapport aux campagnes environnantes : c’est l’effet « d’îlot de chaleur urbain ».
Et quand la ville n’arrive plus à se rafraîchir la nuit, c’est la canicule… Les deux épisodes caniculaires qui ont frappé la métropole bordelaise lors de l’été 2019 auraient causé 74 décès supplémentaires selon l’ARS (Agence régionale de santé).
Comme dans toute situation de crise, les cerveaux s’échauffent, eux aussi, pour trouver des solutions.

À Toulouse, c’est la start-up Urban Canopée qui expérimente des structures métalliques accueillant des plantes grimpantes et procurant ainsi de l’ombre sur des espaces minéralisés. Difficile en effet de planter en pleine terre dans la ville dense, du fait de la présence fréquente de réseaux ou de parkings souterrains sous l’espace public. La conception de ces « canopées urbaines » offre une large emprise ombragée, des assises au pied des structures et, en prime, un réservoir de 200 litres « connecté » pour pallier en temps réel les épisodes de sécheresse. Car, si le végétal rafraîchit par son ombre, il le fait aussi par ses capacités d’évapotranspiration, qui augmente le taux d’humidité de l’air, pour autant que les racines disposent d’assez d’eau pour alimenter le feuillage…

C’est dans ce souci que la designer de l’environnement, Élodie Stephan, a imaginé le dispositif « Bocage urbain[1] », inspiré du bocage rural. L’idée est simple : associer lieux de collecte des eaux pluviales de l’espace public et plantations végétales pour offrir à ces dernières un arrosage naturel. Un réservoir permet de stocker les eaux collectées à chaque épisode orageux pour les restituer progressivement au végétal planté en place.

Et, si la nature est souvent source d’inspiration pour des solutions transposées en milieu urbain, c’est parfois l’usager qui innove en détournant des lieux, comme le miroir d’eau à Bordeaux, pour se rafraîchir !


[1] | Le projet est désormais commercialisé par la start-up VERTUO. www.vertuo.city.

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