L’essor du tourisme d’affaire
La vitalité du tourisme d’affaires dans la métropole entre en résonnance avec le boom touristique récent.
La métropole bordelaise accueille environ 100 congrès par an. L’année 2017 a connu un record avec 100 congrès accueillis dont 56 internationaux, représentant 207 000 journées-congrès pour des retombées économiques totales estimées à plus de 60 millions d’euros. Ces chiffres doivent être comparés à ceux de 2016 : 90 événements, 94 000 journées-congrès et 27,4 millions d’euros de retombées estimées[1].

Plusieurs congrès phares ont déjà été accueillis ou sont confirmés pour l’avenir proche. La Convention nationale de l’APM (Association progrès du management) avec 5 000 participants (septembre 2017), le cinquième congrès mondial sur la sclérodermie systémique avec 1 200 participants venant de 56 pays (février 2018), le SAE Aerotech (industrie aéronautique internationale) avec 1 700 personnes (2019), et le championnat mondial de robotique (ROBOCUP) en 2020.
Cette vitalité s’explique à la fois par l’attractivité du territoire et par la présence de pôles de R&D de pointe (5 pôles de compétitivité dans l’aéronautique, l’optique & lasers, le bois, les géosciences, les TIC Santé et les neurosciences ; 13 clusters ; 11 600 chercheurs ; une université d’excellence et de grandes écoles avec 80 000 étudiants). Le club des ambassadeurs de Bordeaux Convention Bureau, qui rassemble plus de 200 membres de la sphère scientifique et universitaire, contribue d’ailleurs à porter la candidature de Bordeaux pour des congrès de grande échelle.
Le développement du tourisme d’affaires constitue un enjeu clé afin de réguler la présence touristique sur le territoire. Le baromètre hôtelier publié par la CCI Bordeaux Gironde montre que 54 % des nuitées hôtelières proviennent du tourisme d’affaires. Cet équilibre entre le tourisme pour motif d’affaires et celui dédié aux loisirs fait figure d’exception par rapport à de nombreuses autres métropoles françaises. Il permet une mixité des publics et un taux d’occupation des hôtels extrêmement satisfaisant.
La métropole, qui faisait face à un problème d’échelle, s’équipe et se dimensionne pour accueillir des événements majeurs.
De nombreux équipements existent d’ores et déjà pour l’accueil de grands événements professionnels (parc des expositions, palais des congrès, palais de la Bourse, Cité mondiale, etc.). Cependant, Bordeaux faisait face à un problème d’échelle pour pouvoir concurrencer des villes plus importantes.
De nouveaux équipements vont voir le jour avec notamment le nouveau hall d’expositions et de congrès en 2019 (plénière modulable pouvant accueillir de 2 000 à 6 000 personnes, 15 salles de sous-commission, un espace d’exposition, etc.).
Le tourisme d’affaires bénéficie également de l’ensemble des efforts engagés en matière d’aménagement du territoire. Cela vaut pour les nouveaux équipements culturels de la métropole (Cité du vin, Arkea Arena, la MECA, le Musée de la Mer et de la Marine) mais aussi pour le projet Euratlantique, futur poumon économique de la ville, qui accueillera les sièges sociaux de nombreuses entreprises (ex : installation d’un World Trade Center). Il en est de même pour l’importante amélioration apportée à l’accessibilité de Bordeaux avec la LGV (qui la place à 2h de Paris avec 30 A/R par jour), tandis qu’avec plus de 90 destinations directes, Bordeaux-Mérignac devient l’aéroport le mieux desservi de France après Paris, Lyon et Nice.
La ville séduit également aujourd’hui des hôtels à résonnance internationale, qui accroissent sa capacité d’accueil : Radisson Blu (125 chambres) aux bassins à flot, Hilton Garden Inn (166 chambres) et Golden Tulip (111 chambres) à Euratlantique. D’autres ouvertures prochaines sont programmées : hôtel Meininger (162 chambres) en 2020 à Euratlantique, Hilton Double Tree (177 chambres) fin 2019 à l’aéroport, 45e Parallèle (154 chambres), centre de congrès 1 400 places, à Mérignac.
Bordeaux s’impose donc progressivement comme une destination de tourisme d’affaires à l’échelle européenne, en étant régulièrement en concurrence sur l’organisation de congrès avec des villes telles que Vienne, Barcelone et même Sydney.
L’avenir apparaît d’ailleurs prometteur. Le portefeuille de projets d’événements ne cesse d’augmenter. Bordeaux Convention Bureau gère actuellement 83 dossiers en candidature (jusqu’en 2024) représentant près de 320 000 journées congrès et plus de 92 millions d’euros de retombées économiques potentielles. Outre les événements déjà cités, Bordeaux a remporté des candidatures majeures telles le congrès de l’ordre des experts comptables (4 000 personnes en 2020), la European Conference on Biomaterials (1 200 personnes en 2021), ICIP (optique et laser) (1 700 participants en 2022) et les jeux européens du sport d’entreprise (8000 personnes en 2023). Notons enfin que Bordeaux convention bureau va développer en 2019 un observatoire pour accompagner celui mis en place depuis 2016 sur le tourisme de loisirs, afin de mesurer avec plus de précision le dynamisme du tourisme d’affaires dans la métropole.
[1] | Les retombées économiques sont calculées sur la base de l’étude France Congrès, « Étude sur les retombées économiques de l’activité des congrès en France et en Île-de-France »,
décembre 2012.