Authenticité

Mot-valise dans lequel beaucoup mettent surtout « tradition », ce qui est un contresens. Souvent utilisé pour vanter les charmes d’un produit, d’un lieu, d’une destination, s’apparente trop souvent à « faire prendre des vessies pour des lanternes ». Renvoie ainsi parfois à la « disneylandisation » (Sylvie Brunel) voire à l’« authentoc » (Jean Baudrillard).

Banalisation

Phénomène qui peut conduire à se demander dans quelle ville on est quand on se réveille dans certaines chambres d’hôtel ou quand on parcourt certaines rues commerçantes. Va largement de pair avec la mondialisation des grandes enseignes commerciales de la mode et de la restauration.

Destination

Étymologiquement, lieu où l’on se rend. Mais on oublie trop souvent que c’est le touriste qui définit la destination et qui la considère comme légitime. On ne va pas vers un quelque-part dont on ignore l’existence ou qu’on ne considère pas comme un lieu de vacances.
A le fâcheux défaut d’être très peu compatible avec les limites administratives. Ainsi, la plupart des régions, départements ou communautés de communes ne sont pas des destinations, malgré la volonté obstinée et irraisonnée de certains.

Surfréquentation

N’est la plupart du temps constatée qu’après : pour savoir qu’un touriste est de trop, encore faut-il qu’il soit venu.
La version basique de sa mesure est l’intensité des protestations des habitants. Quant à la mesure de la capacité de charge d’un site, peu de travaux sont concluants et transposables.
Il n’en reste pas moins que c’est un enjeu particulièrement important dans de nombreuses villes touristiques.

Masse (tourisme de)

Source de grande confusion : le tourisme de masse est au départ quelque chose de vertueux, puisqu’il s’agissait de donner l’accès aux vacances au plus grand nombre, c’est un des fondements du tourisme social. Par ailleurs, le problème n’est pas la masse, c’est la densité, ainsi que les flux. Quelques backpackers dans un village « authentique » peuvent créer plus de perturbations qu’un charter de touristes bien contrôlés, parqués dans un endroit idoine.

Œnotourisme

Considéré par certains viticulteurs comme uniquement destiné à permettre de vendre plus, en circuit court. Serait ainsi la planche de salut de quelques appellations en mal de marchés et de rentabilité. Est heureusement de plus en plus considéré dans sa dimension patrimoniale et culturelle : il s’agit aussi (d’abord ?) de « vendre » un territoire, avant ses produits. Et une bonne expérience touristique peut être un bon moyen de donner envie au visiteur d’acheter une fois rentré chez lui.

Touriste

Être très désiré mais en même temps, souvent rejeté : le tourisme, ce serait tellement mieux sans les touristes. Paré de nombreux défauts, a au moins la qualité de dépenser : il est donc d’autant plus désiré qu’il consacre un budget important à son séjour. Mais l’excitation régulière pour telle ou telle population au prétexte qu’elle est dépensière se fracasse souvent sur la dure réalité de l’attractivité de l’offre : avant que des hordes de Chinois ne sillonnent nos campagnes, il y a du boulot !

Voyage

La posture consistant à idéaliser le voyage, tout en soulignant le caractère néfaste du tourisme, est idéologique et surtout absurde. Rien ne distingue fondamentalement le voyageur du touriste, si ce n’est le regard parfois complaisant qu’il porte sur lui-même. Il y a de nombreux exemples de « voyageurs » bien plus néfastes que des touristes soigneusement parqués dans des lieux ad hoc, sans compter la mode de ceux se targuant de voyager gratuitement, se comportant ainsi en parfaits parasites dans des pays, chez des gens, qui ne méritaient pas cette plaie.

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