Éditorial du n° 4

Fin de chantier ! Penser la ville, c’est souvent dessiner, concevoir, imaginer une ville achevée. Les utopies urbaines donnent à voir des organisations stables, des territoires finis. Les cités idéales s’encadrent dans des tableaux. Les documents de planification parlent de cohérence, d’équilibre, en quête d’une répartition harmonieuse des hommes, des activités et des équipements.

Et pourtant, la ville est sans cesse en mouvement. Elle se développe, ou elle rétrécit. Elle gagne ou perd en population. Elle renouvelle ses constructions et ses infrastructures. L’évolution des comportements de mobilité transforme le paysage des espaces publics. Les bouleversements des modes de vie modifient les ambiances. Et si « la forme d’une ville change, on le sait, plus vite que le coeur d’un mortel », les pratiques de la ville évoluent à un rythme plus soutenu encore.

Chacun le voit, chacun le ressent. Nul besoin de relire nos histoires urbaines remplies de remparts sans cesse détruits puis reconstruits plus loin, de « percées » visionnaires provoquant des sauts d’échelle, de lotissements spéculatifs urbanisant les campagnes. Nul besoin de parcourir la Chine en s’émerveillant ou s’horrifiant de l’incessante construction de gratte-ciels en tout genre.
Bordeaux, sous nos yeux, change chaque jour. Depuis le tramway, les quais et les ravalements, ce n’est plus la même ville, entend-on souvent dire. Avec la métropole millionnaire, ce ne sera plus la même agglomération, expliquent d’autres…

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