Éditorial du n° 9

Une ville « à taille humaine »… Cette qualité paraît à la fois très consensuelle et très partagée.  C’est le souhait résidentiel plébiscité par nos concitoyens. Outre la proximité de la mer, les Français mettent en avant cette aspiration à une taille humaine, faisant référence à des agglomérations dites moyennes (Angers et sa douceur) ou à des « petites » grandes villes, comme Bordeaux.
Les trompettes du marketing territorial n’hésitent néanmoins pas à élargir le panel. De Fouesnant à Vancouver, de Libourne à Stockholm, chacun fait de l’humain sa mesure de référence. De quoi parle-t-on, finalement ?
Le nombre d’habitants est souvent pris en considération. Aristote, déjà, s’était penché sur le sujet, considérant qu’il fallait pouvoir embrasser du regard la population rassemblée. Siècle après siècle, la réflexion se poursuit. L’économiste Paul Bairoch calculait ainsi dans les années 1980 que l’optimum de population urbaine, conjuguant atouts économiques et bien-être citadin, se situait autour de 250 000 habitants. Thierry Paquot, philosophe de l’urbain, milite quant à lui aujourd’hui pour une « juste taille » d’un million d’habitants.
L’expérience urbaine laisse deviner que la démographie n’est pas seule en cause. Certains évoqueraient la surface de l’aire urbaine, les temps de transport, les rythmes quotidiens,  le rapport à la nature, les proportions (arrivant à New York, Le Corbusier trouva les gratte-ciel américains trop étroits…). Et les échelles.
L’échelle humaine n’e…

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