Éditorial du n° 7

Des liens ! Des lieux certes, mais aussi des liens. Villes et territoires doivent aujourd’hui se comprendre et se concevoir dans cette dualité. Or, cette manière de voir ne va pas de soi. Car tout concourt à privilégier des représentations de l’espace faites de périmètres et de surfaces. Logiques politiques et techniques convergent pour préférer les limites et les aires aux flux et aux réseaux. La géométrie euclidienne l’emporte sur la théorie des graphes.

Le politique s’organise à l’aune des circonscriptions électorales, fort légitimement du reste. La planification spatiale, structurée par l’occupation foncière, adopte les langages de l’architecte et du géomètre-expert : des zones et des parcelles, des hectares et des mètres carrés. Les statisticiens découpent les territoires en mailles, tels les Iris (« îlots regroupés pour l’information statistique ») chers à l’Insee, survalorisant de facto l’information géographique « surfacique ». Les aplats de couleur organisent les cartes. Inventée il y a plus d’un demi-siècle, l’approche systémique nous a pourtant habitués à voir le monde avec des points et des flèches, pour privilégier les échanges entre les parties du système étudié plutôt que l’analyse de chacune d’elles (oublier Descartes et son obnubilation du découpage !). D’ailleurs, dans sa vie d’habitant, de travailleur, de client, d’usager, chacun sait bien que les limites administratives se franchissent quotidiennement, sans coup férir. Et chacun sent confusément que si …

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