© Sylvain Tastet – a’urba

La ville invisible est aussi celle des VRD (Voiries et Réseaux Divers). Cet acronyme technique recouvre l’entrelacs de tubes, de gaines, de canalisations qui sillonnent les entrailles des villes. Chaque réseau qui permet la circulation des flux de matières, d’énergie et de données numériques, répond à des normes très précises : diamètre du tube, profondeur d’enfouissement, proximité des uns aux autres.

Bien souvent, les réseaux suivent le tracé des principales artères en dessinant la ville souterraine, cette ville invisible. Le réseau de distribution d’eau potable se cale parfaitement sur le tracé des rues bordelaises. Celui d’électricité à haute tension est canalisé en dessous de quelques rues importantes. Il est relayé en dehors du centre historique par des câbles aériens. La fibre optique reste en cours de déploiement et dessine un réseau beaucoup plus lâche, tout en laissant apparaître une plus grande densité dans le quartier de Mériadeck.

Enfin, la ville des réseaux invisibles est aussi celle des servitudes d’utilité publique aériennes : les PT1 et PT2[1] sont des couloirs aériens où l’implantation d’objets perturbateurs d’ondes électromagnétiques ou de bâtiments de grande hauteur qui rendraient difficiles les liaisons de télécommunications, est interdite. Ces couloirs convergent vers des sites stratégiques (préfecture, armées, etc.).


[1] | PT1 : servitude de protection des centres de réception radioélectrique contre les perturbations électromagnétiques. PT2 : servitude de protection des centres radioélectriques d’émission et de réception contre les obstacles.

 

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