Réduire le temps consacré  aux études ?

Les grands comme les petits projets urbains peuvent mettre jusqu’à dix années avant de se concrétiser. Cette durée est souvent nécessaire afin de passer d’une idée d’aménagement à sa réalisation opérationnelle, celle d’un bâtiment prêt à accueillir ses premiers habitants ou celle d’une ligne de tramway qui transporte ses voyageurs.

La relative et nécessaire « lenteur » des étapes de réflexion concerne tous les types d’études, qu’elles soient préalables, programmatiques ou opérationnelles.

Il existe pourtant des méthodes qui permettent d’accélérer et d’enrichir la phase amont « d’invention » d’un projet urbain. L’atelier immersif en est une. Il offre la possibilité de construire en seulement deux ou trois jours une vision urbaine, une stratégie territoriale et des principes d’action.

Les « recettes »  d’un atelier immersif

Depuis 22 ans, le club projet urbain & paysage (PUP) de la Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau) recourt à des ateliers immersifs pour aider les métropoles françaises ou/et certaines villes moyennes à se doter rapidement de stratégies urbaines. 18 métropoles et villes françaises ont déjà bénéficié de cette expertise ramassée dans le temps.

  • Les méthodes développées sont facilement mobilisables. Voici quelques exemples de « recettes » de fabrication[1] :
  • Réunir pendant trois jours, une trentaine d’urbanistes de toute la France et aux compétences diversifiées (urbanistes, architectes, paysagistes, sociologues, géographes, économistes, environnementalistes, spécialistes du patrimoine…).
  • Demander aux élus ou/et aux acteurs locaux de l’urbanisme du territoire concerné de leur poser une question, de préférence difficile à traiter.
  • Faire une visite de terrain et utiliser les différents modes de déplacement disponibles (vélo, marche à pied, bus) afin de comprendre à hauteur d’utilisateur la problématique et les lieux.
  • Rencontrer des acteurs locaux pour comprendre les enjeux et les spécificités du territoire.
  • Produire collectivement une vision cohérente, une stratégie politique et une quinzaine de schémas et de cartes, le tout uniquement réalisé à la main.
  • En réponse à la question initiale posée, faire élaborer par les urbanistes une stratégie et un plan d’action, formalisés sur une dizaine de panneaux constitués de schémas, d’esquisses, de cartes et de mots clés. _

Trois exemples de résultats[2]

 Atelier de Strasbourg, 2019  « Regards extérieurs sur le réaménagement des abords de l’A35 » ou la poétique du béton

Traversant le centre de Strasbourg, l’autoroute A35 va faire l’objet d’un déclassement qui permettra un réaménagement potentiel d’environ 450 hectares en plein tissu dense. Le mode de visite choisi pour découvrir les bords de l’autoroute, le vélo, a engendré un regard inhabituel sur cette grande infrastructure en révélant des lieux secrets, des sous-faces aux qualités plastiques, une rivière champêtre, des canaux et tout un ensemble de lieux à réaménager en choisissant une approche sensible et artistique (parcours sonores, jeux de lumières, concerts et festivals). _

La gare de Strasbourg du XXIe siècle. © Fnau.

Atelier de Lille, 2021-22 « Imaginer la Deûle partagée » : nourricière, intensifiée et préservée

La métropole lilloise est traversée par le canal de la Deûle, long de 34 kilomètres, dont les qualités paysagères sont étonnamment peu mises en valeur, de même que le foncier qui le borde, qu’il s’agisse de zones économiques, résidentielles, agricoles ou naturelles. Même le cœur urbain central et patrimonial de Lille ne semble pas intégrer son canal. Face à la perspective d’une mise à grand gabarit progressive et en raison de la difficulté d’identifier les incidences et la temporalité de mise en œuvre du grand gabarit, le projet proposé est de partir du « déjà là » économique, naturel, agricole, patrimonial et d’en amplifier les identités séquence par séquence. Demain, le canal de la Deûle peut redevenir un espace central de la métropole. _

La Deûle partagée : nourricière, intensifiée et préservée. © Fnau.

Atelier du GrandAngoulême, 2023  « Cultures et paysages en commun »

Comment renforcer les liens entre les différentes communes d’une intercommunalité récente ? Comment passer d’Angoulême « ville de l’image » à l’image de GrandAngoulême ? Là encore, c’est de la diversité des sites visités qu’est venue la réponse. De la qualité du paysage des bords de la Charente et de ses affluents est ressortie une conviction : il revient à toutes les communes de porter avec fierté leur patrimoine agricole et fluvial, de s’approprier les pentes des vallées fluviales, de faire rentrer un parc Charente dans le cœur de l’agglomération. Enfin, d’une apparente fragilité, la multitude des friches foncières se révèle être un trésor qui, à l’heure du ZAN, sera un atout maître du renouvellement urbain. 

Révéler le paysage en commun de la Charente et ses vallées. © Fnau.

[1] |  Chaque atelier du club projet urbain et paysage fait l’objet d’une publication téléchargeable sur le site de la Fnau.

[2] |  Pour en savoir plus sur le mode d’organisation et la méthode développée et stabilisée par les animateurs historiques du Club, F. Roustan (Agam) et Y. Gendron (Adeus) : Hors-série 2009, Le projet au service du territoire 2001 > 2009, 8 années de pratique, Fnau. https://www.fnau.org/wp-content/uploads/2016/03/CPUHorsSerieComplet.pdf

 

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