C’est le nombre record de naissances sur le territoire de Bordeaux Métropole en 2016.

Chaque année, l’Insee publie le nombre de naissances domiciliées au lieu de résidence de la mère, à l’échelle communale. Le nombre de naissances au sein de la métropole bordelaise affiche depuis 1999 une tendance générale à la hausse. En 2016, 9 302 naissances sont recensées, soit environ 1 000 de plus qu’en 1999. L’année 2005 représente le point le plus bas avec environ 8 200 naissances.
Cette évolution à la hausse est d’autant plus notable que le nombre de naissances en France métropolitaine est en baisse depuis 2010. Entre 2010 et 2016, il a reculé de 7 %, passant d’environ 800 000 à 740 000. Ce n’est donc pas une augmentation générale de la natalité qui explique la tendance bordelaise[1], ni une plus forte fécondité des femmes girondines, celle-ci étant globalement moindre que la moyenne française. Le taux de fécondité[2] des femmes bordelaises est de 46,9 enfants pour 1 000 femmes en âge fécond en 2013, quand il culmine à 55,1 enfants en France métropolitaine. Ce taux est néanmoins en croissance pour Bordeaux Métropole puisqu’il a progressé de deux points entre 2008 et 2013 tandis qu’il stagnait à l’échelle nationale.
La tendance bordelaise s’explique en revanche par un nombre plus important de femmes en âge de procréer et donc de jeunes ménages familiaux : la métropole bordelaise a vu le nombre de femmes en âge de procréer augmenter de 7 000 environ entre 2008 et 2013 (+ 4 %) traduisant l’attractivité de la métropole en termes de migrations résidentielles. Dans le même temps, la France métropolitaine en a perdu environ 230 000 (- 2 %). Ce solde négatif national est lié au vieillissement de la population, les femmes nées durant le baby-boom quittant progressivement cette tranche d’âge.
Ce phénomène est-il propre à Bordeaux Métropole ?
La dynamique observée localement se retrouve sur d’autres territoires métropolitains. C’est notamment le cas des métropoles nantaise et toulousaine, géographiquement proches et comparables à Bordeaux Métropole. Si la dynamique de natalité de Nantes Métropole s’apparente à celle de Bordeaux Métropole, celle de Toulouse Métropole est spectaculaire et impressionnante. Nantes a vu son nombre de nouveaux-nés croître de 11 % (+ 800 naissances environ) alors que Toulouse a connu une progression de 29 % sur la même période (+ 2 300 naissances environ). Ces dynamiques à la hausse s’expliquent par des facteurs différents.
L’explosion du nombre de naissances toulousaines est liée à la fois à une forte croissance du taux de fécondité (44,8 enfants pour 1 000 femmes en âge fécond en 1999, contre 50,7 en 2013, soit + 13 %) mais aussi à une hausse du nombre de femmes en âge de procréer (+ 20 000 environ entre 1999 et 2013, soit + 11 %). Nantes et Bordeaux se ressemblent en termes d’évolution de la natalité, mais les causes diffèrent. En effet, la fécondité, déjà supérieure, a augmenté plus vite à Nantes qu’à Bordeaux[3]. En revanche, quand Bordeaux Métropole a connu une croissance du nombre de femmes en âge de procréer (+ 10 000 environ), Nantes Métropole a en a perdu environ 800.
Les dynamiques à l’œuvre vont dans le sens de la volonté politique locale de croissance de la population et du maintien des familles au sein des agglomérations. Ces dynamiques sont propres à la métropole bordelaise et ne sont pas le reflet de l’ensemble du département girondin. À l’échelle du reste de la Gironde (c’est-à-dire hors Bordeaux Métropole), depuis 2010, la dynamique est comparable à celle de la France métropolitaine, avec un affaiblissement du nombre de naissances de - 650 environ entre 2010 et 2016, soit - 8 %. La durabilité de ces tendances sera à confirmer dans les prochaines années.
[1] | Pour faciliter la lecture, Bordeaux fait référence à Bordeaux Métropole.
[2] | Rapport entre le nombre de naissances et le nombre de femmes en âge de procréer (15-49 ans).
[3] | Nantes : 47,6 enfants pour 1 000 femmes en âge de procréer en 1999, contre 52,2 en 2013 / Bordeaux : 44,3 en 1999, contre 46,9 enfants en 2013.