Cette fourchette caractérise les écarts de revenu entre les habitants des différents territoires girondins et ceux de Bordeaux Métropole.
Un postulat récurrent veut que les métropoles monopolisent les richesses et ne laissent que les miettes à leurs voisins. L’indicateur des écarts de revenu ne permet pas de qualifier de manière exhaustive l’opulence ou non d’un secteur donné, mais il s’agit d’un élément de comparaison aussi simple qu’objectif.
La carte ci-contre représente l’écart en pourcentage entre le revenu médian par unité de consommation d’un EPCI[1] et celui de Bordeaux Métropole. Nous parlons ici de revenu disponible, revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner (revenus d’activité, fonciers, financiers, retraites, pensions, chômage et prestations sociales). Ce revenu est divisé par le nombre d’unités de consommation du ménage, système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Enfin, le revenu médian est un indicateur central, la moitié des ménages du territoire se trouvant au-dessus, l’autre moitié en-dessous. Les données Insee les plus récentes datant de 2015, la carte se calque sur la géographie de la même année.
Pour commencer, la métropole n’est pas le territoire du département dont le revenu médian des habitants est le plus élevé. Les communautés de communes de Jalle-Eau-Bourde (+ 18 %), de Montesquieu (+ 10 %) et des Portes de l’Entre-Deux-Mer (+ 12 %) qui composent sa ceinture sud voient le revenu médian de leurs résidants significativement supérieur. La population du bassin d’Arcachon n’a elle non plus rien à envier à celle du géant bordelais en termes de revenu.
Sommes-nous alors en mesure de réfuter pour de bon ce mythe de la toute-puissance métropolitaine ? Négatif !
Au-delà de la particularité géo- économique de la côte Atlantique, plus on s’éloigne de la métropole, plus le revenu médian chute. Le Nord et l’Est girondins accueillent des poches de pauvreté, le revenu médian de leurs ménages atteignant jusqu’à 16 % de moins que celui des ménages de l’EPCI bordelais. Si la population aisée n’est pas systématiquement installée en métropole, elle ne s’en éloigne que très peu.
Outre l’insuffisance de notre indicateur pour qualifier l’hétérogénéité des richesses au sein du département, la médiane ne permet pas de dépeindre fidèlement les inégalités de revenu au sein de Bordeaux Métropole. Néanmoins, elle invite à rester prudent et mesuré quant à la prétendue pauvreté qui touche les communes hors métropole, puisqu’elle dessine une géographie plus complexe.
[1] | Établissement public de coopération intercommunale : Entité regroupant des communes (communautés de communes, communautés d’agglomération, métropoles) soit pour assurer certaines prestations (ramassage des ordures ménagères, assainissement, transports urbains…), soit pour élaborer de véritables projets de développement économique, d’aménagement ou d’urbanisme.