50 ans ! À l’échelle humaine, c’est incontestablement un cap. Mais que représentent cinq décennies dans la vie d’une ville, dans le champ de l’urbanisme ?
À l’occasion de son cinquantième anniversaire, l’a-urba publie un ouvrage : De la ville à la métropole. 50 ans d’urbanisme à Bordeaux. Des mémoires ? Pas vraiment. Plutôt la mémoire de la ville, un voyage à travers le temps… et l’espace.

Flash-back sur les quais rive gauche, à l’époque où des grilles s’élevaient entre la ville et son fleuve et où les voitures confisquaient l’espace public. Et puis le succès de la reconquête des quais signée Michel Corajoud.
Mais si le livre relate les projets réalisés, il accueille aussi ceux qui n’ont jamais vu le jour. Des rêves urbains auxquels certains ont dû renoncer.
Le temps file. Voilà le marcheur guidé vers les nouveaux quartiers qui contribuent à élargir le centre-ville : les Bassins à flot, Bordeaux Euratlantique ou comment l’aménagement de vastes espaces inutilisés répond aux besoins en logements d’une agglomération en forte croissance démographique. En passant, il est tout à fait probable de croiser, ici, quelques étudiants se dirigeant vers le campus, là, une poignée de touristes à la descente du TGV. Bordeaux, ville ouverte, métropole hospitalière.
Et puisque la métropole est flux et mouvements, l’ouvrage ne peut faire l’impasse sur la mobilité : rocade, tramway, nouveaux modes de déplacement… Entre épisodes houleux autour du métro-VAL et foule en liesse à l’ouverture de la première ligne de tramway en 2003, les projets prennent parfois leur temps.
On retrouve dans ce grand récit urbain les acteurs qui ont façonné la ville : élus, architectes et urbanistes de renom, experts et techniciens, citoyens. Chacun apporte sa pierre. Le lecteur suit l’itinéraire de la ville à la métropole, tout en réalisant que les choix effectués restent déterminants dans le dessein et la forme d’une ville.
Forcément l’ouvrage assume ses chemins de traverse ou, a contrario, s’attarde sur un fait, un lieu. Il choisit ainsi délibérément des angles, mais sans renoncer à mettre en perspective.
Au fil des pages, entre les lignes parfois, l’agence apparaît : sa place au cœur des mutations de la métropole comme son rôle auprès des décideurs publics sont abordés. Car en racontant la ville, l’a-urba évoque, en miroir, ses missions, ses métiers, leurs évolutions, tout en se projetant avec enthousiasme sur les prochaines décennies, vers de nouveaux futurs urbains.