Une brève histoire de l’agence d’urbanisme, de 1969 à nos jours
L’a-urba est née en 1969, c’est l’une des premières agences d’urbanisme à voir le jour. Elle est créée dans la foulée de la loi d’orientation foncière de 1967 qui institue les principaux documents d’urbanisme, notamment le plan d’occupation des sols (POS) devenu PLU, et le SDAU (Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme) qui deviendra pour sa part Schéma directeur puis SCoT. La planification territoriale est donc LA mission première des agences d’urbanisme.
L’a-urba naît aussi peu après la création de la communauté urbaine de Bordeaux le 1er janvier 1968 et, dès lors, son histoire se confond largement avec celle de la collectivité. D’ailleurs, au départ, elle s’appelle « agence d’urbanisme POUR la communauté urbaine de Bordeaux ». C’est donc un outil pour accompagner la jeune collectivité dans la mise en place d’une coopération intercommunale, farouchement défendue par Jacques Chaban-Delmas, alors maire de Bordeaux et premier président de la Cub. Planification et invention d’une intercommunalité seront ainsi les fils conducteurs des activités de l’agence jusqu’au milieu des années 1990, auxquelles on peut ajouter l’observation territoriale.
À partir de 1995, avec l’arrivée d’Alain Juppé à la tête de la mairie de Bordeaux et de la Cub, et jusqu’en 2010, ce sera les années du projet urbain et du tramway de Bordeaux. Celui-ci achevé (et réussi !) se double de la montée en compétences de l’ingénierie en interne à la Cub et de la diversification des acteurs et des structures conduisant le projet urbain et les opérations d’aménagement. Pendant toutes ces années, les documents de planification continuent d’occuper l’agence mais, affranchie du projet urbain, elle peut désormais opérer une réorientation stratégique et changer d’échelle au tournant des années 2010. Elle se concentre alors davantage sur les grandes orientations du territoire de la métropole et au-delà. C’est également une réorientation de ses sujets qui marque l’histoire récente de l’agence : elle s’intéresse aujourd’hui à un urbanisme « invisible » ou du moins, moins visible, celui des modes de fonctionnement de la ville, de son métabolisme et des relations qu’elle entretient avec les territoires voisins. Elle s’intéresse aussi à un urbanisme « du quotidien », celui de nos modes de vie et des espaces dans lesquels ils se déploient. Les pratiques de mobilité, les sociabilités, l’habitat, le périurbain, les espaces publics « ordinaires » sont des sujets centraux. Sans oublier l’impératif écologique qui, au cours des 50 années écoulées, s’est imposé comme un incontournable de la fabrique de la ville, à toutes les échelles. La question du « paysage » devient ainsi structurante pour penser et mener le projet urbain qui est réinvesti à la faveur d’un questionnement sur le rôle et la qualité des grandes infrastructures de déplacements telles que la rocade et les boulevards.
50 ans : des publications et un colloque
Dans un calendrier marqué par les prochaines élections municipales de mars 2020, l’a-urba a choisi que ses activités d’anniversaire puissent aussi utilement que possible, accompagner les réflexions politiques et citoyennes. Paru en 2011, le petit livret Métrocospie bordelaise, recensant les chiffres clés incontournables sur différentes thématiques, sera réédité dans une version augmentée en septembre 2019. Il s’agit d’un précieux outil d’aide à la décision apportant – modestement –un éclairage aux débats publics.
À paraître également à l’hiver 2019, un ouvrage autour de l’« éloge de l’apostrophe », celle du logo de l’a-urba. Ou comment l’agence met en lien les acteurs et les institutions, les territoires et les échelles, les temporalités et les disciplines… Autant de compétences encore plus pertinentes aujourd’hui qu’à l’époque de sa création.
En décembre, l’a-urba réunira élus, techniciens, chercheurs et acteurs de la ville dans le cadre d’un colloque autour des questions des transitions et trajectoires métropolitaines, de l’action publique et de ses marges de manœuvre. Enfin, l’ouvrage 40 ans d’urbanisme à Bordeaux, paru en 2011 aux éditions Le festin, aujourd’hui épuisé, fera l’objet d’une réédition augmentée, pour retracer 50 ans d’urbanisme à Bordeaux et mieux penser l’avenir et le changement.