Éditorial du n° 29

Beyrouth, Sarajevo, Marioupol...
Les villes sont le théâtre de guerres, aujourd’hui encore plus qu’hier, dans un monde toujours plus urbain.
Comment la guerre transforme-t-elle la ville ? Et, inversement, comment la ville façonne-t-elle
les formes de la guerre ?
En quoi la ville est-elle un champ de batailles spécifique ? Comment reconstruire, après les combats,
non seulement les bâtiments, mais aussi les liens sociaux et les représentations ?
À l’heure où la guerre revient au centre des préoccupations, CaMBo propose d’éclairer
ces questions en croisant les regards d’historiens, stratèges militaires, urbanistes, géographes et anthropologues.

Au baccalauréat général de juin 2026, dans la spécialité HGGSP, deux sujets de dissertation étaient proposés aux lycéens : l’un portait sur les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours ; l’autre sur les acteurs de la construction des mémoires. Ces sujets, qui entrent en résonance avec ce nouveau numéro de CaMBo, ont pour point commun d’interroger notre rapport aux conflits armés qu’on imaginait appartenir au passé.

En France, au fil des décennies, la présence et la mémoire vivante de ceux qui ont vécu les deux grandes guerres se sont peu à peu étiolées. Avec la disparition des témoins directs, les traces des conflits sont devenues plus ténues malgré les commémorations, l’enseignement et le travail de mémoire. Aurions-nous baissé la garde à la faveur du renouvellement générationnel ? Nous serions-nous laissé bercer par la douce illusion de la fin de la guerre ? C’est ce que suggère l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau qui va jusqu’à parler de « déni de guerre » dans son dernier ouvrage. Depuis plus de 30 ans, nous, Européens « gorgés de (...) certitude de paix », écrit-il, « avons cru nous être libérés, pour toujours, de l’éventualité d’une catastrophe guerrière en Europe ». Un aveuglement collectif qui a conduit à refuser de croire au déclenchement en 2022 d’une guerre sur le continent européen et à son installation dans la durée.

Et pourtant, les guerres se conjuguent au présent, et pas seulement en Ukraine. Les conflits, dans leur réalité et leur…

Dossier - La ville, champ de bataille
Coordonné par Louise Pichon-Collet Gilles Pinson
La ville, champ de bataille

| Gilles Pinson | Louise Pichon-Collet
Urbs et civitas

Quand la ville est rattrapée par la guerre

| Pierre Bergel
Les villes, l’armée et l’État

Quand la guerre (re)fait le territoire

| Francesca Artioli
Quand la ville devient une cible

Entretien avec Bruno Marot

| Gilles Pinson
Villes reconstruites 

Nouveaux laboratoires de la rénovation urbaine ?

| Patrick Dieudonné
Huguette, témoignage d’une enfant

Pendant la Deuxième Guerre mondiale à Bacalan et en Gironde

| Louise Pichon-Collet
Mostar : « Mais que s’est-il passé ici ? »

Entretien avec Aline Cateux

| Louise Pichon-Collet
Les guerres en ville

La difficulté de combattre en zone urbaine

| Dorothée Lobry
Faire la guerre dans « la jungle de béton »

La guérilla urbaine

| Gilles Ferragu
Rubriques

Grand entretien
Marco Marrone | Gilles Pinson
Impertinence

Espaces publics
Ici et ailleurs
Fabrique urbaine
L’invisible prend forme | Claire Philippe | Marcelin Boudeau | Morane Le Gallic

Mémoire
Tranche de vie
Faire sa place | Nathanaël Fournier

Représentation
Lexique
Ménagement | Sophie Haddak-Bayce
Télécharger la revue