Éditorial du n° 24

La fête aurait-elle perdu son sens dans nos villes ? Serait-elle devenue trop récurrente, trop marchandisée, trop institutionnalisée ? Peut-être, mais il n’en reste pas moins que la fête est un objet polymorphe qui ouvre des parenthèses spatio-temporelles enchantées dans nos quotidiens de citadins, parfois difficiles ou simplement ennuyeux. Rencontres inattendues, moments intenses, sentiment d’appartenance collective, mélange des gens : quel autre lieu que la ville peut- il se targuer d’offrir de telles opportunités de réjouissances ?
C’est pour cela que la ville est une fête ; et la fête, essentielle !

L’humeur des Français serait au désamour des villes, métropoles en tête, accusées d’être le siège de tous les maux contemporains en matière de nuisances environnementales, de prédation des ressources et de déséquilibre territorial, d’inégalités sociales, d’insécurité… Articles, enquêtes et autres sondages « à charge » se sont enchaînés en 2023.
Il faut dire que la crise sanitaire est passée par là : elle a mis en exergue l’exiguïté des logements, la promiscuité parfois, mais aussi l’insuffisance d’espaces de nature dont souffrent les citadins, et a largement contribué à dégrader l’image des villes. Avec le développement du télétravail, certains d’entre eux ont trouvé l’opportunité pour rompre avec cette ville devenue invivable.
La réalité de ce désamour reste à étayer. En premier lieu, cette histoire d’amour entre les Français et les villes a-t-elle existé un jour ? Avec l’urbanisation contemporaine, les populations sont parties dans les villes pour travailler, échanger, étudier, accéder aux services et aux ressources qu’elles proposaient. La migration vers la ville s’est imposée comme une opportunité, souvent comme une nécessité. Certes, la ville a aussi répondu au désir d’ouverture sur le monde, à l’envie d’émancipation, elle a offert la possibilité de se fondre dans la foule des anonymes ou de faire des rencontres ; une ville à la fois lieu d’initiation et terrain de construction de parcours de vies. Mais peut-on pour autant parler d’amour des villes ? Peut-être pour le …

Dossier - La ville est une fête
Coordonné par Patrice Godier Guillaume Bernard Emmanuelle Gaillard
La ville est une fête

| Patrice Godier
La fête, sismographe de notre société

Entretien avec Emmanuelle Lallement

| Emmanuelle Gaillard | Guillaume Bernard
Le sens de la fête

Continuités et ruptures

| Laurent Sébastien Fournier
Bordeaux, une ville, trois ambiances

| Emmanuelle Gaillard | Guillaume Bernard
Les fêtes de Bayonne

| Philippe Steiner
La Fête des voisins

Un placebo contre la solitude urbaine ?

| Maxime Felder
Fête de la Saint-Jean

Quadrille et quadrilhas au Brésil

| Luciana Chianca
Rubriques

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Renaud Epstein | Gilles Pinson
Controverse
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L’espace public sobre | Claire Sèze | Dimitri Boutleux
Voisinage
La Vendée recyclera l’eau | François Cougoule
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Aimer les belles choses | Nathanaël Fournier
Fabrique urbaine
Beyrouth ou la reconstruction permanente | Elodie Maury | Françoise le Lay

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5e façade | Cécile Nassiet
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